Dans un contexte mondial marqué par l’incertitude géopolitique, la montée de nouveaux pôles économiques et les défis des transitions technologique et écologique, les accords commerciaux entre l’Union européenne (UE) et d’autres espaces économiques sont plus que jamais au cœur du débat public. Ces accords soulèvent des questions majeures : comment garantir la prospérité des citoyens européens ? Comment préserver nos valeurs dans un monde en mutation ? Et comment assurer à l’UE un rôle de partenaire fiable et influent sur la scène internationale ? Les récentes polémiques autour de l’accord Mercosur ont démontré que dans ces discussions l’émotionnel s’impose souvent face au rationnel.
La signature d’accords commerciaux offre à l’UE des bénéfices économiques tangibles. En facilitant l’accès à de nouveaux marchés, ces accords stimulent la croissance et soutiennent l’emploi. Selon la Commission européenne, le réseau de 44 accords commerciaux préférentiels conclus par l’UE avec 76 partenaires dans le monde fournit des débouchés sur les marchés étrangers à quelque 630.000 entreprises de l’UE, dont plus de 600.000 PME.
L’UE représente 16,3 % du commerce mondial total de biens et de services, devant la Chine et les États-Unis, et plus de 30 millions de personnes occupent des emplois liés aux exportations.
Mais les accords ne sont pas conclus à n’importe quel prix. Toujours selon la Commission européenne, les mesures de défense commerciale de l’UE s’attaquent aux pratiques commerciales déloyales et protègent ainsi plus de 550.000 emplois européens.
Au-delà des chiffres, ces accords contribuent à la compétitivité des entreprises européennes, à l’innovation et à la diversification des chaînes d’approvisionnement, facteurs essentiels pour résister aux crises et aux fluctuations mondiales. Cette diversification contribue à renforcer la sécurité d’approvisionnement de nos entreprises.
Signer des accords commerciaux ne signifie pas renoncer aux principes fondateurs de l’UE. Au contraire, l’Union veille à ce que chaque accord soit juste et équilibré, intégrant le respect des droits humains, des normes sociales et environnementales. Dans les récents accords conclus par l’UE, les partenaires commerciaux sont tenus de respecter les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat et les conventions de l’Organisation internationale du travail.
Cette exigence de justice et d’équilibre garantit que la prospérité générée par le commerce international ne se fait pas au détriment des travailleurs, de l’environnement ou des consommateurs. L’UE reste ainsi fidèle à ses valeurs tout en s’ouvrant au monde. Renoncer aux accords commerciaux voudrait dire qu’on renoncerait à ce levier important alors que le poids relatif de l’UE sur la scène mondiale a tendance à décroître.
La multiplication des tensions géopolitiques, la remise en cause du multilatéralisme et la fragmentation des chaînes de valeur mondiales exigent une réaction rapide et coordonnée de l’UE. Face à la guerre en Ukraine ou aux rivalités commerciales et technologiques entre grandes puissances, il est crucial pour l’UE de renforcer ses liens économiques avec des partenaires partageant ses valeurs et sa vision d’un commerce ouvert, équitable et durable.
En multipliant et en accélérant la conclusion d’accords commerciaux tels que décrits ci-dessus, l’UE démontre sa capacité à agir de façon cohérente et responsable et elle se présente comme interlocuteur sérieux et fiable. Cette fiabilité fait de l’UE un partenaire privilégié pour de nombreux pays, renforçant son poids diplomatique et sa capacité à défendre les intérêts de ses citoyens et entreprises dans un monde en mutation. Soutenir ces accords, c’est choisir une Europe forte, ouverte et responsable, prête à relever les défis économiques qui se présentent.